Ce bulletin météorologique se compose d'un résumé des dernières observations, de l'analyse de la situation synoptique actuelle puis de son évolution. Cette dernière partie est généralement privilégiée en essayant de couvrir le moyen terme de J+5 à plus de J+10 jours selon la fiabilité du moment. Nous travaillons pour cela uniquement à partir de l'analyse des sorties des modèles météorologiques numériques.
Le bulletin a pour vocation de détecter le plus tôt possible les changements de régime de temps marquants et les possibles événements météorologiques violents. Construit autour des notions de risques et de probabilités, plusieurs options seront fréquemment proposées à une semaine de l'échéance. Dès que cela sera techniquement possible, nous essayerons de dégager le scénario le plus fiable. Notre objectif : vous offrir la connaissance de temps à venir avec le maximum d'avance et la meilleure fiabilité.
Bulletin du lundi 28 juillet 2008
Observations du temps récent
Les orages du week-end ont surtout été présents au nord-est dimanche, l'ouest aura juste essuyé quelques pluies et le rafraichissement passager prévu de l'atmosphère. La chaleur a vite fait son retour par le sud-ouest et nous vaut aujourd'hui une journée brûlante avant une importante dégradation orageuse sur laquelle nous allons revenir.
Quelques mots sur la météo dans le monde. En Europe de l'Est, la goutte froide qui persistait depuis plusieurs jours au contact des remontées d'air chaud issues de la Turquie a provoqué de terribles ravages à la frontière de la Roumanie et de l'Ukraine. Cinq jours de fortes pluies à proximité des fleuves Prout et Dniestr ont entraîné des inondations qui ont endommagé plus de 40.000 habitations en Ukraine, tué 22 personnes dans la région d'Ivano-Frankvisk et 5 autres en Roumanie. Quelque 20.000 personnes ont été évacuées et 300 villes et villages ont été privés d'électricité. Les dégâts sont estimés à plus de 190 millions d'euros par le gouvernement. "L'Ukraine n'a rien vu de tel depuis 100 ans", a déclaré Oleksandr Turchinov, Premier ministre adjoint, à la télévision.
En Australie enfin, Sydney a connu ce dimanche les premières averses de neige depuis 1836 ! Résultat du premier blocage de l'hiver dans l'hémisphère sud qui a permit aux masses d'air polaires de l'Antarctique de déferler jusqu'au nord du 40e parallèle sud. Et d'autres blocages sont prévus dans les jours à venir dont un puissant pourrait concerner l'Amérique du Sud qui pourrait bien observer à son tour des conditions hivernales hors-normes. L'hémisphère sud connait depuis quelques années des vagues de froid récurrentes et de plus en plus marquées.
Analyse du jour.
Retour en France. L'air est très chaud en flux de sud-est à l'avant d'une dégradation orageuse qui se précise pour la soirée. Les premières cellules orageuses sont apparues ce matin en Aquitaine et à la mi-journée on distingue très bien une cellule plus importante sur les côtes de la Vendée.
Ces orages vont se développer dans le courant de l'après-midi et dans la soirée, notamment la cellule en question qui va gagner en intensité et en taille en se dirigeant vers la Normandie et le Bassin parisien.
Nous avons une dépression centrée au large de la Grande-Bretagne depuis plusieurs jours et qui ne parvient pas à gagner l'Europe en se déplaçant vers l'Est, car un blocage de hautes pressions scandinave stoppe sa progression. Malgré tout, situé au sud du blocage, dans un marais barométrique (anomalie de pression nulle, la pression étant voisine de 1013 hPa), la dépression parvient à nous envoyer des fronts depuis l'océan. Un ce week-end relativement peu actif et un nouveau ce lundi qui va l'être plus car relié à un apport d'air frais par l'ouest du pays engendrant un conflit de masse d'air et de ce fait une instabilité très marquée de l'atmosphère. On va avoir des ascendances importantes à l'avant du front qui apparaissent même en début d'après midi sur la carte de pressions au sol. On note l'apparition d'une zone de basse pression en arc de cercle à l'avant du front orageux.
A l'avant du front les températures atteignent et dépassent souvent facilement les 30°C, à l'arrière de celui-ci, sur les côtes atlantiques, on n'atteint plus les 20°C. Contraste important de masse d'air qui ne peut mener qu'à des orages souvent violents.
Le modèle américain GFS confirme tout ces faits avec le dessin d'une importante anomalie de la tropopause en approche par l'ouest du pays. Cette carte mesure l'altitude du tourbillon potentiel à 1,5 PVU (potential vorticity unit) qui fait intervenir la température et les mouvements ascendants et qui va surtout correspondre à l'altitude de la tropopause. Celle-ci située à une douzaine de kilomètre en moyenne à notre latitude comporte en effet des creux et des bosses. Lorsque son niveau s'enfonce, on parle d'anomalie de la tropopause. Etant ici dynamique, notre anomalie va soulever l'air à l'avant comme on le voit sur la carte, représenté en jaune, sur le centre du pays : la tropopause est à une altitude plus élevée que la normale. C'est là au nord de l'Auvergne, entre régions Centre et Bourgogne que risquent d'avoir lieu les orages les plus violents car cela marque une forte zone d'ascendance qui peut se développer jusqu'à une altitude maximale.
GFS avec son maillage important et sa résolution horaire maximale de 3 heures n'est pas le modèle le plus fin à court terme. Il est conçu surtout pour analyser le moyen terme. Le modèle WRF à rélution horaire va nous permettre de mieux décrire ce qui nous attendrait ce soir selon toutes probabilités et sauf revirement de dernières minutes. En effet, si le premier est plus pertinent à moyen terme, le second peut subir des changements au dernier moment surtout sur situations instables.
La carte suivante des vents à 925 hPa, (soit 800 m d'altitude environ) montre une forte divergence de vents responsable de forts cisaillements : vents du sud-est faible à l'avant du front, vent modérés d'ouest à l'arrière avec parfois des zones de vents forts sur le front, effet du front de rafale à l'avant immédiat des orages. A 20h, nous voyons que le front orageux devrait se situer de l'ouest du Massif Central à la Basse-Normandie avec localement sur cette ligne de forts orages localement sous les cellules qui seront les plus développées.
A 21h, le modèle WRF modélise deux cellules fortement pluvieuses, un noyau principal au nord au sud de la Basse-Normandie et plusieurs noyaux orageux au sud-ouest du Massif Central.
Ces fortes précipitations correspondent à des ascendances marquées : on distingue bien à l'avant du front orageux de fortes vitesses verticales positives notamment en Normandie, tandis qu'à l'arrière on a l'anomalie inverse. Cela est la signature d'un front de rafale étendu qui se matérialise dans le ciel par un arcus. Des arcus de grandes ampleurs ont bien été observés déjà à mi-journée en Vendée ce qui tend à montrer que la prévision du modèle va dans le bon sens.
Durant la seconde partie de la nuit, le front orageux devrait gagner l'Ile-de-France puis la Picardie et le Nord, tandis que plus au sud les noyaux orageux issus du Massif Central pourrait continuer à sévir sur le Centre jusqu'à la Champagne.
Il est difficile de dire sur la ligne de front si telle ou telle région sera la plus touchée même si WRF semble privilégier la Normandie. GFS semble porter le risque davantage sur le centre du pays, mais disons que du nord au sud sur la ligne frontale, toutes les régions sont à risque. Nous ne pouvons que vous recommander la plus grande prudence comme lors de toute dégradation orageuse : Météo-France a placé en alerte orange les régions du Poitou-Charente, Centre, les Normandies, Ile-de-France, Picardie et Nord. Pour plus de détails, reporter-vous au site de l'organisme sachant que de fortes rafales de vents, des chutes de grêles et de pluie de forte intensité seront observées localement dans de nombreux secteurs.
Voyons maintenant comment va évoluer le temps dans les prochains jours à partir de cette soirée d'orages.
Evolution du temps.
Retour au calme par l'ouest demain avec le rafraîchissement de la masse d'air tandis que les orages vont s'évacuer par l'Est du pays qui les subira dès demain matin, même si ils devraient y être un peu moins violent tant que la chaleur du soleil n'aura pas le temps de développer des températures trop importantes au sol.
La France restant en flux de sud-ouest, la chaleur va de nouveau rapidement revenir par le Sud-Ouest et comme vous vous en doutez, tout va pouvoir recommencer. Cela d'autant plus que le centre de basse pression situé sur l'Atlantique qui a tellement de mal à progresser va encore gagner quelques miles vers nous.
Le 1er août, celui-ci se sera rapproché des côtes bretonnes d'autant plus que le blocage scandinave va gagner le Groenland en seconde partie de semaine.
Il va pouvoir nous envoyer un nouveau front se marquant encore une fois par une belle anomalie de la tropopause que vous distinguerez très bien en bleu sur cette carte :
A l'avant, les températures devraient à nouveau être brûlantes et les 30°C seront fréquemment dépassés à partir du Sud-Ouest et jusqu'au bassin parisien les mercredi 30 et jeudi 31 juillet. A l'avant, des orages, vous l'aurez compris, qui nous toucherons lorsque l'anomalie se décalera vers l'Est sur notre pays, ce qui devrait survenir d'après le modèle GFS dans le nuit de jeudi 31 à vendredi 1er. Risque d'orage très probable donc jeudi en soirée, si ce n'est avant par l'Ouest. Les orages devraient gagner l'Est du pays le lendemain, tandis que les températures auront baissé à l'ouest.
La dépression atlantique continuant son chemin vers l'Est, le flux de sud-ouest qui ramenait à chaque fois la chaleur va peu à peu tourner à l'ouest. La chaleur risque de gagner à nouveau par le Sud-Ouest à partir de samedi 2, mais le quart Nord-Ouest du pays pourrait rester plus en marge cette fois. Le sud du pays restera au chaud et risque d'être soumis à de nouveaux orages remontant vers le Nord-Est à l'approche du front suivant emmené par la dépression situé au dessus de la Grande-Bretagne. La Manche devrait retrouver son vent d'ouest faible à modéré.
La dépression ne serait en Mer du Nord que le mardi 5 suivant : à partir de là nous devrions vraiment tourner la page de ces remontées orageuses en flux de sud-ouest chaud si il n'y a pas de retard, ce qui est difficile à dire à plus d'une semaine. Le flux passerait à l'ouest à l'arrière de la dépression sur tout le pays et la chaleur devrait céder sa place pour quelques jours au moins sur la moitié nord, peut-être beaucoup moins au sud jusqu'à ce qu'une dorsale anticyclonique venue des Açores puisse la ramener par l'Espagne. On a un beau rail en flux d'ouest sur l'Atlantique, malgré tout, restant anticyclonique au sud de la Loire avec des épaisseurs supérieures à 576 dam, et donc de plus en plus dépressionnaire et frais en allant vers le nord.
Le diagramme de Paris montrant l'évolution des températures à 850 hPa (vers 1500m d'altitude) traduit bien cette évolution, avec des maxima atteints aujourd'hui avant les pluies décrites en bas en diagramme et à court terme par tous les scénarios du modèle, le 31 juillet avant de nouvelles pluies dans la nuit, puis le 4 août avec évidemment plus d'incertitude sur le calendrier. On regagnerait ne note plus de poussées de fièvres du mercure ensuite logiquement dans le flux d'ouest plus frais. Nous aurons le temps de voir venir une éventuelle dorsale qui changerait cette donne d'ici là...
Si les orages pourront déborder à l'ouest du Rhône le long de la Méditerranée, la côte d'Azur devrait quand à elle rester à l'écart de tous ces événements durant toute la période qui devrait rester chaude et le plus souvent ensoleillée.
De retour après une dizaine de jours d'absence, ce premier chapitre sera un peu plus important qu'à l'habitude.
Quelques observations par rapport à notre dernier bulletin. En prévision, ce n'est pas tant la tendance que le dosimétrie des éléments mis en évidence qui est difficile à appréhender. Ainsi, tout s'est finalement déroulé un peu mieux que prévu du point de vue du temps sensible, moins perturbé que nous avions pu le craindre après le 14 juillet. Cela dit thermiquement, le temps n'a pas pour autant été estival jusqu'à hier sur une grande partie de la France.
Observons les températures à Paris-Orly durant les dernières semaines. On remarque toute suite le seul jour de forte chaleur de la série et depuis lequel ont débuté nos prévisions : le 1er juillet. A partir de l'arrivée du talweg qui a suivi dans les premiers jours du mois, il aura donc fallu trois semaines pour retrouver un temps estival comme nous allons le voir. Les températures touchent un point bas les 7 et 8 juillet au passage de la dépression Tomina. Une dorsale anticyclonique permet de retrouver éphémèrement la chaleur le 10 avant la perturbation suivante à l'avant de laquelle il y aura des orages qui furent effectivement violent en particulier dans la région lyonnaise. Quatre personnes, travaillant sur des espaces verts à Décines (69) ont été foudroyées alors qu'elles s'abritaient sous une haie, une personne est morte quelques heures plus tard à l'hôpital, les autres ayant été blessé de manière critique. Ces orages ont donné de fortes averses de grêle (avec parfois des grêlons de plus de 3cm de diamètre). Orages d'été classiques nous rappelant qu'il convient de rester toujours prudent face aux éléments et de prendre au sérieux les cartes de vigilance de Météo-France. Signalons par ailleurs que ces orages ont pris une grande ampleur à l'est du Jura notamment à Lugano où il est tombé 171 mm dans le Tessin. Que ce soit du côté suisse ou italien du massif alpin, les orages ont occasionné de nombreux dommages et des perturbations routières et ferroviaires.
Après un matin bien frais, nouvelle amélioration pour le 14 juillet à laquelle le Nord-Ouest du pays a été sensible car il s'agissait de la première depuis le début du mois. Une nouvelle fois la chaleur ne résiste pas au talweg suivant qui arrive dès le 16. A partir de là se déroule un temps plus nuageux et même couvert au nord que véritablement pluvieux. Thermiquement, à partir du week-end du 19-20 juillet, à la faveur d'une dorsale sur l'Atlantique, les températures accuseront une baisse à partir du lendemain en flux de nord-ouest à l'arrière d'une dépression centrée en mer de Norvège.
Il est à noter autour de cette dépression lointaine un samedi 19 venteux près des côtes de la Manche suite au resserrement du gradient de pression dans le Channel comme on le voit sur cette carte et tout au plus quelques pluies orageuses du Languedoc à la vallée du Rhône le lendemain à l'avant du talweg. On note sur l'Atlantique à l'ouest de l'anticyclone qui y stationne l'ancien cyclone Bertha déclassée en tempête tropicale, avec néammoins encore des vents maximum de plus de 180 km/h vers 1500m. Il ira mourir au sud de l'Irlande avant de passer par le nord des Iles Britanniques.
Le talweg centré sur la Mer de Norvège va finalement se décaler vers l'Est tandis qu'une dorsale va s'organiser enfin en direction de l'Europe de l'Ouest. La chaleur est ainsi de retour sur la France depuis hier tandis que l'air froid a été mécaniquement reflué à l'avant de la dorsale vers le sud, en direction de l'Allemagne d'abord, puis ensuite de l'Europe de l'Est jusqu'à la Serbie et la Roumanie qui ont eu si chaud durant les dernières semaines.
Cela nous vaudra à nous aussi un lundi 21 bien frais en flux de nord et des minimales qui n'ont rien à envier aux nuits d'hiver les plus douces mardi 22 matin, notamment sur l'ouest et le Massif Central où on est parfois descendu sous les 5°C.
Mais dans la journée la chaleur est revenue dans les basses couches avec l'ensoleillement avant de gagner également en altitude depuis hier, ce qui va amplifier le phénomène dans les prochaines heures.
Le retour de l'été est bienvenu surtout au nord-ouest, mais ailleurs aussi, presque tout le territoire étant en déficit thermique sur les trois premières semaines de juillet. Ainsi à Caen, le seul jour de chaleur de l'année fut pour l'heure le 1er juillet dernier et c'est généralement de cas au nord-ouest et au nord de la Seine. Dans les pays limitrophes du Benelux, les niveaux de températures atteints sont mêmes encore moindres depuis le début de l'été.
Analyse du jour.
Aujourd'hui, on distingue bien notre dorsale anticyclonique centrée sur la France et alimentant des hautes pressions qui vont aller se concentrer sur la Scandinavie dans les prochains jours. La chaleur peut affluer en altitude sur l'Espagne et sur la Turquie à l'avant des basses pressions à présent centrées sur la Serbie et où on atteint plus les 15°C très souvent comme en Allemagne en début de semaine.
En basse couche s'est mis en place un flux d'est au sud des hautes pressions qui migrent vers la Scandinavie, tandis que classiquement en été avec la chaleur des dépressions thermiques se creusent en Espagne dans le marais barométrique ainsi créé par le vide laissé par les hautes pressions.
La carte pointée du jour est intéressante de ce point de vue. Les côtes atlantique sont très chaudes avec des températures évoluant de 28°C en Bretagne pourtant accoutumée à la fraicheur jusqu'à 33°C sur les côtes landaises alors qu'il fait encore frais pour la saison dans le Nord-Est de la France. Le flux d'est réchauffe fortement l'air à l'ouest en asséchant la masse d'air de la même manière qu'un effet de foehn. Et si le relief s'en mêle, avec un flux plus dynamique, les conditions sont réuni pour approcher des records de températures comme à Bilbao au nord de l'Espagne en plein centre de la dépression (symbolisée par un L pour low pressure). Vous lisez bien 41°C à un degré du record de cette station qui est de 42,2°C le 13 août 2003 ! Une amplitude de 28°C étant donné qu'il ne faisait que 13°C ce matin ! Cette ville connaît en fait communément quelques jours isolés de chaleur extrême lorsque de forts vents soufflent depuis le sud ou l'est à cause de l'effet de foehn qui cela provoque lorsqu'ils descendent des montagnes. C'était le cas cet après-midi : la température a chuté de 20°C en soirée à l'arrière de la dépression tandis que s'est développé une cellule orageuse du fait de l'afflux d'air frais par le nord-ouest soulevant l'air chaud.
Ce sera le cas demain, jeudi 24, pour toute les zones atlantiques qui vont connaître une journée bien moins chaude que celle d'aujourd'hui avec notamment des entrées maritimes dans les Landes tandis que le temps va devenir de plus en plus orageux par l'ouest.
Evolution du temps.
La situation va rester bloquée pendant les prochains jours avec notre anticyclone maintenant centrée sur la Scandinavie et comme toujours depuis le début de l'été, des hautes pressions sur le centre de l'Atlantique centrées vers le 35e parallèle. Les basses pressions issues du talweg du dernier week-end du 19 en Europe du Sud-Est et un talweg stationnant au nord de l'Atlantique dans lequel va rester bloquée une dépression se rapprochant lentement mais sûrement de nous. Entre nos deux anticyclones, nous allons nous situer dans un marais barométrique, les pressions étant à peine supérieures à 1013 hPa. De ce fait, les dépressions thermiques vont se développer sur l'Espagne puis sur l'ouest du pays facilités par la relative baisse de pressions et des températures en altitude en provenance du nord-ouest et conduisant à un week-end lourd et orageux avec toute cette chaleur qui va s'emmagasiner au sol. Un classique d'été avec des orages éclatant fréquemment sur les reliefs et sur l'ouest dès vendredi 25, les orages devraient concerner surtout la moitié nord samedi 26 qui devrait être la journée la plus instable. Le mercure sera provisoirement en baisse, ramené sous les 25°C à cause de l'afflux d'air plus frais en altitude par l'ouest, de la nébulosité importante et des orages au nord, de probables entrées maritimes au sud-ouest. La chaleur résistera en Alsace et près de la Méditerranée.
A la faveur d'une poussée anticyclonique par le sud-ouest, la situation devrait se stabiliser à partir de dimanche 27 par le sud-ouest et la chaleur revenir rapidement, on dépassera déjà les 25°C du Sud-Ouest en remontant jusqu'au bassin parisien. On aura en soirée des orages s'évacuant sur la Belgique et le Nord-Est du pays. Accalmie provisoire pour les orages car les pressions vont rester faiblardes et voisines des 1015 hPa les jours suivants, autorisant les développements convectifs diurnes d'autant que la chaleur sera encore plus forte au sol. Dès lundi 28 un front abordera la Bretagne où la journée sera pluvieuse, il se désagragera ensuite en progressant, non sans apporter des orages localement violents de la Normandie au bassin parisien et au Nord lundi soir. Ce front apportera l'humidité nécessaire au développement d'orages récurrents en soirées sur le pays de mardi 29 et mercredi 30 juillet, ils devraient être plus ou moins isolés, concerner surtout les reliefs, mais ils pourront être localement violents.
Grâce au surcroît d'ensoleillement retrouvé et surtout de chaleur arrivant en altitude, les températures des derniers jours de juillet pourraient être très chaudes à partir de lundi 28 où on dépassera facilement les 30°C dans le Sud-Ouest et la vallée du Rhône. Mercredi 30, c'est même la barre des 35°C qui pourrait être franchie sur ces zones tandis que la forte chaleur (plus de 30°C) gagnera jusqu'au nord.
Durant ce temps, les hautes pressions devraient peu à peu se déplacer de la Scandinavie vers le Groenland débloquant la situation pour les basses pressions stationnant depuis plusieurs jours sur le nord de l'Atlantique. Et le début du mois d'août pourrait nous rejouer le scénario du début du mois de juillet avec une dégradation orageuse reliée à une dépression en provenance du nord-ouest : le diagramme de Toulouse toujours plus contrasté qu'ailleurs car en prise plus directe avec les bouffées de chaleur en provenance du sud nous résume bien tout cela.
Petite baisse des températures en altitude, le temps restera chaud au sol pour le week-end, d'où le développement d'orages. Retour de la chaleur en altitude jusqu'à la fin du mois ; le sol étant déjà chaud, c'est pour cela que l'on va rapidement dépasser les 30°C sur une grande partie de la France. Forte dégradation généralisée très fortement probable à compter du 1er août, très peu de scénarios divergent. Dès la soirée du jeudi 31 (si il n'y a pas de décalage), les orages devraient être de retour en plaine par l'ouest et non plus seulement réservés aux reliefs et leur environs comme les jours précédents. Le risque sera grand ensuite de retrouver plus ou moins vite (plutôt moins d'ailleurs) les conditions synoptiques qui avaient régné au début du mois de juillet, à savoir une alternance de talwegs entrecoupées de frêles dorsales venues de l'ouest des Açores. Nous n'en sommes pas encore là, évolution à suivre car il semble que l'activité dépressionnaire sur le nord de l'Atlantique aurait tendance à se combler les jours passants à la fin du mois. Il en faudra plus pour remettre vraiment en cause le temps estival.
Si la pluie a attendu l'après-midi de dimanche pour arriver, la dépression Tomina a bien dégradé le temps au début de la semaine sur une grande moitié nord de la France. Comme prévu, dès hier mercredi 09, une fragile dorsale a permis à l'air chaud d'être de retour au nord avant la perturbation suivante qui s'attaque dès aujourd'hui au nord-ouest.
Analyse du jour.
On distingue cette perturbation qui parait étroite sur le nord-ouest, mais qui se déplace lentement car freinée à l'avant par les hautes pressions qui garantissent aujourd'hui une belle journée d'été sur les 3/4 du pays.
Pour les régions qui sont sous la perturbation, sa lente progression garantie par contre une journée entière de pluie : aujourd'hui le nord-ouest, demain le centre puis la facade est du pays. Dès ce soir, à l'avant, des orages pourront éclater sur les plaines de Champagne et le plateau lorrain. Prudence demain soir vendredi 11, de la région lyonnaise à l'Alsace en passant par la Franche-Comté, les orages pourraient être violents localement : le front marqué par une forte anomalie de la tropopause sera précédé par de fortes ascendances à l'avant sur ces régions. Et dimanche 13, le front devrait se réactiver par le sud-ouest, de fortes pluies à caractère parfois orageux progressant rapidement vers le nord-est sans épargner le sud-est.
Evolution du temps.
De fait cet arrosage azuréen prévu ce week-end est rare et est plutôt caractéristique de l'automne météorologique que de l'été. Le profond talweg qui nous concerne va envoyer de l'air arctique jusqu'à l'Espagne générant un fort contraste de masse d'air avec l'air en provenance d'Afrique : celui-ci va remonter en bouffée humide par le sud de notre pays.
C'est exactement le processus responsable des phénomènes cévenols en automne. Et de fait dimanche, les pluies devraient toucher la Catalogne, le Midi-Pyrénée et le Roussillon avant probablement les Cévennes, puis en s'évacuant la Côte d'Azur qui sera moins touchée que le piémont italien qui va prendre de plein fouet du fait de l'orientation du relief alpin de fortes précipitations après avoir déjà subit des chutes de très grosse grêle mardi 08 dernier. Ces pluies devraient remonter jusqu'au massif vosgien et à la plaine d'Alsace avant d'aller provoquer une dégradation orageuse en Allemagne plus réchauffée par la remontée d'air chaud à l'avant du front.
Nous distinguons tous ces événements sur la coupe de Toulouse, toujours instructive en ce moment du fait que la ville rose subit plus fortement qu'ailleurs cette alternance de dorsales anticycloniques provisoires et de talwegs dépressionnaires profonds.
Le dimanche 13 apparaît bien comme une journée pluvieuse après la rotation des vents au nord-ouest advectant l'air froid à l'arrière du front. Avec l'arrivée de la dorsale, les isothermes remontent rapidement lundi 14 juillet et la masse d'air s'assèche par subsidence. On devrait avoir à l'arrière du front pluvieux une petite poussée de Tramontane et de Mistral : il faudra bien profiter de ce beau temps qui devrait également concerner le nord, car dès le surlendemain, mercredi 16, bis repetita ! Nouvelle rotation des vents signalant l'arrivée d'un nouveau talweg. Le nord-ouest a à peine le temps de souffler entre les ondes pluvieuses et la chaleur n'aura pas le temps de lui parvenir.
On voit très bien tout cela à partir du modèle européen. Nous avons notre talweg sur le pays en train de s'évacuer provoquant sur sa face avant de fortes pluies orageuses sur le piémont italien et l'Allemagne. A l'arrière, flux de nord-ouest et poussée anticyclonique. Au large de Terre-Neuve, on distingue déjà le talweg suivant qui arrivera deux jours après circulant autour du minimum dépressionnaire centrée sur l'Islande.
Quelle évolution à plus long terme ? Comme je l'ai crains la semaine dernière, il semble que la seconde décade de juillet démarre bien mal. Le GA (anticyclone groenlandais) aura effectivement faibli, mais les hautes pressions restent présentes juste au sud de l'île au milieu de l'Atlantique. De plus, un nouveau blocage devrait se former en Carélie (nord-ouest de la Russie). Alimenté par les remontées d'air chaud qui règnent depuis le début de l'été en Europe centrale, celui-ci risque d'accélerer un flux d'ouest dont nous n'avions vraiment pas besoin à l'arrière. Le flux serait pris comme dans un étau entre ce blocage et les hautes pressions qui ne délogent plus du centre de l'Atlantique et qui le dirigeait déjà droit vers notre pays à des latitudes trop basses pour la saison.
Avec ce blocage à l'est et les hautes pressions atlantiques, le flux d'ouest peut glisser jusqu'à nous comme sur un toboggan et avec une bonne accélération. Le prochain talweg prévu à partir du mercredi 16 pourrait s'avérer plus virulent, dirigeant à l'avant des remontées humides et donc pluies plus importantes sur le sud-est et à l'arrière d'éventuels creusement dépressionnaires déjà entrevus par le modèle GFS. Si cette évolution se confirme, mis à part à l'avant des perturbations un afflux d'air plus chaud, synoptiquement, nous serons dans une situation en tout point automnale ! Il ne nous restera plus qu'à espérer que les hautes pressions qui siègent sur l'Atlantique daignent nous parvenir sous forme de dorsale, auquel cas le blocage russe qui va empêcher l'évacuation des bas géopotentiels vers le nord-est nous présage un mauvais temps durable.